Sphaigne et Mousse :
les cloportes terrestres sont des crustacés qui ont progressivement conquis la vie hors de l'eau, en développant des poumons pléopodaux venant compléter les branchies situées sur leurs endopodes (Inui et al., 2022). Malgré cette adaptation, ils conservent un besoin élevé d'humidité pour se développer correctement, en particulier lors des mues et des mises bas.

Figure 1. Reproduit de Inui et al. (2022).
La sphaigne et la mousse contribuent à maintenir l'humidité nécessaire au bon développement des cloportes et créent un gradient dans la boîte, permettant à ceux-ci de se déplacer vers la zone où l'humidité leur convient le mieux. Ces deux éléments jouent un rôle complémentaire : la sphaigne morte, plutôt acide et non consommée par les cloportes, agit comme une éponge en retenant puis en diffusant progressivement l'humidité dans le terrarium. La mousse, à l'inverse, vivante, absorbe et boit une partie de l'eau. Elle peut ainsi s'enraciner dans la sphaigne et vivre plus longtemps, tout en apportant une bonne source d'alimentation pour les cloportes.
Cachettes :
Comme évoqué précédemment, la respiration des cloportes dépend d'un environnement humide, ce qui explique déjà en partie leur recherche constante d'abris. Mais la cachette répond aussi à un autre besoin essentiel : fuir la lumière. Contrairement à d'autres animaux, les cloportes sont fortement photophobes : l'exposition à la lumière accélère le dessèchement de leur cuticule, perturbe leur activité et augmente leur niveau de stress. En restant à l'obscurité, ils limitent cette perte d'eau et évitent aussi de se signaler aux prédateurs qui chassent à vue. La cachette agit donc comme un véritable bouclier contre les contraintes du milieu.
Mais les cachettes jouent aussi un rôle social étonnant. Les cloportes ont tendance à se regrouper spontanément, même si un abri n'est pas idéal, simplement parce que d'autres individus s'y trouvent déjà. En s'agrégeant, ils limitent ensemble leur perte d'eau et semblent influencer les choix du groupe collectivement (Devigne et al., 2011). Autrement dit, la cachette devient un véritable point de rencontre où s'exprime une forme simple mais réelle de vie sociale.

